Les marchés émergents dans leur ensemble étaient dans le viseur des investisseurs depuis le printemps 2013. Après un coup de froid sur les bourses de Shanghai, de São Paulo ou encore de Bombay en début d’année, qui a fait notamment plonger nombre de monnaie, Le Monde évoquait la « perte de confiance » dans les pays émergents.

Depuis lors…rien. Ou presque. Le ralentissement des marchés émergents n’a pas provoqué de crises des paiements ou d’effondrement du système bancaire. Bien entendu plusieurs raisons ont aidé ces pays a supporter cette perte de confiance. La FED, dont l’annonce l’année dernière du ralentissement de sa politique d’assouplissement monétaire avait donné le coup d’envoi du repli des marchés émergents, a depuis adopté un ton nettement plus conciliant sous la présidence de Janet Ellen, la nouvelle dirigeante de l’institution.

Pourtant la raison de ce calme relatif est peut être à rechercher dans les réformes que ces pays ont conduit depuis le traumatisme de la crise asiatique de 1997. Ces pays ont gagné leur marge manœuvre, notamment en désindexant leur monnaie, en divisant par deux le montant de leur dette libellées en monnaie étrangère, et en maitrisant leurs déficits. Si l’on rajoute l’importance de leurs réserves de change, la répétition du scénario de 1997 est improbable. Surtout, ces pays n’hésitent plus à intervenir pour maitriser les flux de capitaux, à l’image de l’Inde, de la Turquie ou du Brésil.   Bien entendu de nouveaux maux sont apparus, au premier rang desquels le problème de la dette locale, problème saillant en Chine. La nouvelle équipe au pouvoir a néanmoins montré qu’elle était consciente du problème, et a amorcé une phase de réforme du système bancaire en limitant notamment le crédit sur les secteurs les plus spéculatifs.

En attendant que les BRICS retrouvent le chemin de la croissance, peut être tirés par le frémissement de la croissance dans les pays développés, les investisseurs se positionnent déjà sur les nouvelles « poules aux oeufs d’or » des marchés, les frontiers markets.