Les banques françaises sont toutes impliquées dans l’internationalisation du yuan, et toutes peuvent potentiellement profiter de ce mouvement monétaire. Un acteur s’est cependant impliqué tout particulièrement, Paris Europlace.

Paris Europlace est l’organisation qui fédère les acteurs financiers de la place de Paris. Son but est de développer la place financière française au service du financement de l’économie, d’attirer les investisseurs étrangers, et de promouvoir l’innovation financière. L’organisation collabore déjà avec les places financières émergentes que sont Dubaï, Moscou, Casablanca, Almaty et bien entendu Shanghai. Et comme le rappelle Arnaud de Bresson, créateur et actuel délégué général, l’association « s’est intéressée dès les premiers signaux » à l’internationalisation de la monnaie chinoise par Pékin, notamment en collaborant très vite avec l’Association nationale chinoise des investisseurs institutionnels (Nafmii). En septembre dernier Paris Europlace a ainsi largement contribué à la signature de l’accord swap de 350 milliards de rmb entre la BCE et la Banque centrale de Chine, ainsi que lors de l’accord RQFII pour 80 milliards de rmb entre la banque de France et la Banque centrale de Chine.

Pour le délégué général, la France a plusieurs atouts face à ses concurrents européens et anglais. D’abord Paris est une place financière particulièrement diversifiée, avec une bourse très active, un important marché d’obligations d’entreprises, devant celui de Londres, un important secteur de gestion d’actifs ainsi qu’un marché des PME particulièrement dynamique (Enternext).

Ces atouts ont permis à Paris de séduire les acteurs financiers chinois et de devenir un hub du commerce de yuan, talonnant Londres, si l’on ne tient compte que des comptes de paiements. Dernier signe de cet attrait, pour la première fois en France une banque chinoise a annoncé une émission obligataire à Paris de 2 milliards de rmb lors du forum annuel de Paris Europlace du 8 et 9 juillet dernier.

Alors que le yuan est devenu en juin la deuxième monnaie au monde en terme de transaction, la bonne position de Paris n’est pas forcément assurée à l’avenir. Le modèle de financement de l’économie française et européenne fonctionne majoritairement avec les banques. Alors que les nouvelles réglementations bancaires issues de Bâle III réduisent désormais leur capacité de crédits, « les entreprises vont devoir davantage recourir au marché. La place de Paris va devoir développer les marchés obligataires, les emprunts groupés ou encore les placements privés (Europ PP) pour maintenir son avance » prévient Arnaud de Bresson.